Stéphane Hessel, je suis indigné par votre soutien au directeur général du FMI (2ème article)

Publié le par leventdelavie.over-blog.fr

Voici deux articles à la suite.....  Pour moi, effectivement ça me pose question......... c’est pourquoi je classe dans méfiance..... Je ne doute pas de Monsieur Hessel mais j’avoue en  attendre des explications claires et nettes.......  Quand à Régis Debray c’est pour moi la grande méfiance......

On est toujours le bobo de quelqu'un !

Philippe Bilger - blogueur associé | Dimanche 27 Février 2011 à 05:01 | Lu 1677 fois
 
A la faveur de la dernière livraison du Nouvel Observateur sur Stéphane Hessel, Philippe Bilger reprend l'idée de Régis Debray selon laquelle les hommes comptent pus que les discours.



  

Au risque d'encourir les foudres posthumes de Philippe Muray qui ne trouvait rien de plus ridicule que le débat pour le débat, j'avoue mon plaisir quand exceptionnellement un quotidien ou un hebdomadaire nous offre sur une personnalité ou un concept le tableau le plus complet possible, le plus équilibré et le plus honnête.
Le Nouvel observateur, sur ce plan, est à l'honneur puisqu'il présente, en accord avec sa couverture « Incroyable Hessel », une analyse et des entretiens qui ne visent pas qu'à l'hagiographie. La richesse de ces pages vient du fait que, dépassant le cas même de Stéphane Hessel, deux grands intellectuels -Alain Finkielkraut et Régis Debray - s'affrontent et donnent au lecteur de la pensée à moudre.

Je n'ai pas l'intention de revenir sur
la critique de fond, mais très respectueuse du rédacteur, que j'avais esquissée au sujet de son libelle « Indignez-vous » au succès fulgurant mais durable. Il me semble toutefois qu'Alain Finkielkraut est, pour une fois, un peu court quand il dénonce un Stéphane Hessel qui serait « l'incarnation même du "boboïsme" ». Je crois qu'au contraire la force qui émane de cet homme incroyable de vivacité à tous points de vue, et le danger politique qu'il représente, viennent du fait que précisément cette personnalité est tout sauf un personnage, que si elle se greffe sur la modernité, c'est par accident et que sa pente profonde la conduit à privilégier une authenticité, un refus de la mode - qu'ensuite elle devienne à la mode est autre chose - qui dans un monde d'apparence et de toc apparaissent comme un miracle, une nouveauté rafraîchissante. C'est parce qu'il n'est pas « bobo » qu'il séduit et peut convaincre.

Régis Debray, dont la formidable intelligence s'accommode mal des clivages et des étiquettes partisanes, voit plus juste en l'occurrence quand, pour célébrer Stéphane Hessel, il vante « la vérité d'un homme » et, pour minimiser leurs différences de fond, affirme que « les êtres comptent plus que les discours », l'essentiel n'étant pas dans la pensée mais « dans ce qu'un être choisit, et refuse, de faire ».
La complexité de Régis Debray pour le moins que l’on puisse dire..... , sa volonté de sortir des sentiers battus d'une réflexion toute faite, sa passion des compagnonnages avec certaines issues  Debray fut traité avec humanité et respect. D'ailleurs, dans un article publié dans la Evergreen Review en février 1968, Debray admet que la CIA pourrait bien lui avoir sauvé la vie...... A la fin, Debray a raconté de bon gré aux Boliviens et à la CIA tout ce qu'il savait sur les opérations du Che. C'est le témoignage de Debray, en fait, qui aida à convaincre l'Agence (la CIA, NDLR) de concentrer ses efforts pour la capture du révolutionnaire insaisissable. Le Français aurait pu être condamné à mort. En échange, parce qu'il avait coopéré, il fut condamné à seulement trente ans pour finir par être pardonné à la fin de 1970". Soit trois ans après sa condamnation. (http://cgt.dl.free.fr/histoire/che.htm) m'ont toujours donné envie - par une sorte de décret d'autorité dont j'aurais été à la fois le créateur et le seul bénéficiaire - d'opérer l'annexion de cette personnalité dans une droite tellement peu conformiste qu'elle obligerait la gauche à s'y reprendre à deux fois avant de la combattre.

Rien de plus révélateur, à ce titre, que cette évidence plaçant l'être avant l'idée, l'homme avant le programme, la sensibilité avant la politique. Comment ne pas percevoir dans cette hiérarchie qui jure avec la bienséance idéologique - le must est de laisser la personne au rancart pour s'attacher noblement à ce qu'elle exprime, ce qu'elle accomplit ! - l'affirmation d'un tempérament qui est davantage conquis par la chaleur infiniment plus convaincante de l'immédiate relation avec autrui, avec son visage et sa manière d'exister que par les interminables et souvent stériles joutes de débats théoriques ?

Sans doute suis-je d'autant plus sensible à ce rapport instinctif avec la vérité des êtres, avant de découvrir éventuellement celle de leurs démarches conceptuelles, que j'ai toujours apprécié le poids du vivant contre l'abus du théorique, l'intensité d'une chaleur et d'une expansion humaine contre les pisse-froid de la pensée, les visages tendus vers l'autre plutôt que les regards fuyants et décalés. Je devine le reproche qui peut être formulé à l'encontre d'une telle vision des choses et des êtres mais je n'en démords pas. J'aurai toujours plus de sympathie pour un Olivier Besancenot qui transcende, et de très loin, son idéologie violente et sectaire grâce à la puissance fraternelle, quoi qu'il en ait, de sa nature que pour les petits marquis d'un conservatisme même plus éclairé.

Régis Debray nous énonce tout sur lui, et sur Stéphane Hessel, quand il vient nous fournir la clé de la véritable tolérance : on n'accepte pas de débattre parce qu'on raffolerait de cet exercice souvent vain, mais seulement parce que tout est bon qui rapproche de celui qu'on a décidé, en un millième de seconde, de faire sien. Même les désaccords.


Retrouvez les billets de Philippe Bilger sur son blog Justice au Singulier
 
Stéphane Hessel, je suis indigné par votre soutien au directeur général du FMI
Alain VIDAL

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, ne cesse de préconiser des mesures à l’opposé du programme du Conseil National de la Résistance dont vous vous réclamez : démantèlement des services publics en Grèce et ailleurs. Des malades ne sont plus soignés, des jeunes sont privés d’avenir au nom de la préservation des profits des seigneurs du capital.

Stéphane Hessel, vous vous indignez tout en plaidant pour un Dominique Strauss-Kahn qui a voté, lui et son parti, pour le Traité Constitutionnel Européen. Un Traité dont l’article 127 autorise banquiers et marchés financiers à s’enrichir par l’endettement des états. Un Traité qui a trahi votre idéal de résistant. A la Libération, par la loi du 2 décembre 1945, le gouvernement français eut le courage d’interdire de telles pratiques. La Banque de France eut ordre de faire des prêts, à taux quasiment zéro, à l’Etat, au nom du développement des services publics. Pendant 28 ans, ni déficit, ni dette publique. Dans l’agriculture et l’industrie, les gens, remplacés par les machines, furent nombreux à devenir fonctionnaires au service de l’intérêt général, il n’y avait pas de chômage…La production des biens matériels étant assurée par un nombre décroissant de gens, le temps libéré par la technologie était massivement déversé dans le secteur des activités immatérielles au service de l’intérêt général (écoles, hôpitaux, dispensaires, médecine préventive, recherche, culture, transports …).

Pour la première fois, un gouvernement mettait en pratique la gratuité de l’argent créé par les banques. Une gratuité reconnue de fait par l’abandon de la parité-or au XXème par tous les états de la planète. Grâce aux prêts gratuits accordés par la Banque de France, les services publics pouvaient se développer en intégrant ceux qui dans l’industrie et l’agriculture avaient été remplacés par les machines. Le fonctionnaire ne perçoit pas un salaire mais un traitement. Le fonctionnaire n’est plus un salarié parce que son activité ne sert plus à l’enrichissement d’actionnaires qu’ils soient de la banque ou d’autres secteurs du privé. En ce sens, le service public est un sanctuaire qu’il nous faut défendre.

Mais, par la loi du 3 janvier 1973, Giscard et Pompidou, interdirent les prêts gratuits de la Banque de France à l’Etat, ce dernier fut contraint d’emprunter (en payant des intérêts) auprès des banques privées et des marchés. Ainsi commence l’endettement de l’Etat : démantèlement des services publics avec chômage croissant. Les cliniques privées se développèrent au détriment des hôpitaux… En introduisant cette loi dans le Traité Constitutionnel Européen, le rédacteur de ce traité, Giscard d’Estaing, soutenu par Dominique Strauss-Kahn et son parti, a généralisé l’endettement à toute l’Europe.

Les banquiers privés règnent en maîtres absolus. Ils font payer le crédit à l’Etat comme aux particuliers. Un véritable racket, quand on sait que l’argent « prêté », c’est 95% de monnaie électronique pour 5 % de billets et de pièces (papier et métal vulgaire de très faible valeur marchande…). Nous faire payer, pour un prêt à 5% sur quinze ans, deux fois le prix de la maison achetée, sous prétexte que l’argent coûte cher, c’est une escroquerie ! Quand on sait qu’aucune monnaie dans le monde n’est alignée sur l’or. La création monétaire est totalement dissociée de l’obligation pour les banquiers d’acheter des réserves d’or comme autrefois.

Stéphane Hessel, comment pouvez-vous vous faire l’avocat d’un Dominique Strauss-Kahn qui, décoré par le président Ben Ali, déclare « En Tunisie, la politique économique adoptée ici est une politique saine et constitue le meilleur modèle à suivre pour de nombreux pays émergents. » La Tunisie, un pays avec 45% des jeunes au chômage, où les opposants et les avocats sont jetés en prison et torturés. Un pays avec deux immolations par le feu et vingt morts en quelques jours de manifestations populaires…

Stéphane Hessel, comment pouvez-vous défendre la candidature à la présidentielle de 2012, d’un directeur général du FMI qui, depuis toujours, subordonne l’intérêt général aux seuls intérêts particuliers des seigneurs du capital, alors que vous vous prononcez pour « le retour à la nation des grands moyens monopolisés, fruit du travail commun, des richesses du sous-sol, des sources d’énergie, des compagnies d’assurance et des grandes banques… Pour une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ».

Dans l’espoir que vous comprendrez mon indignation comme une nécessaire contribution au débat, je souhaite discuter avec vous, comme nous l’avions fait à Nantes en 2008, sur la base de ce que vous revendiquez au début de votre livre : « L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Que le temps libéré par la machine ne soit plus gaspillé sur l’autel de la croissance dite « économique » qui n’est qu’un paravent masquant la seule croissance des profits des seigneurs du capital. Que le temps libéré par la machine serve à l’extension des services publics, facteurs premiers de la prospérité des peuples.

Solidairement vôtre pour résister à tous les exclueurs, responsables, conscients et bien vivants, de la misère du monde.

Alain Vidal, Nantes, le 10 janvier 2011

Libérons La Monnaie

http://liberonslamonnaie.blogspot.com/

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Publié dans Méfiance.....

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