Robespierre n'aura pas sa rue dans Paris

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« Aventures de l’Histoire » (2 articles)
  
Le maire de Paris au mépris des manifestants et opposants a préféré inaugurer le 15 avril 2010 la promenade Ben Gourion...... 
  
Petites phrases de “l’honoré”........  reconnu et retenu par le Maire de Paris pour ses qualités!!!!!           Tellement mieux que Robespierre :
  
Qu'a dit David Ben-Gourion ?

Par Daoud


David Ben-Gourion, le créateur de l'Etat d'Israel en 1948, fut l'un des leaders les plus importants du mouvement Sioniste du siècle dernier. Il a établi la capacité militaire juive (Haganah), et en 1948, il a créé l'Etat d'Israel et a lu sa déclaration.
De 1948 à 1963 (sauf pendant une courte période), il fut Premier Ministre et Ministre de la Défense.
J'ai rassemblé ci-dessous quelques citations de Ben-Gourion en espérant que cela nous aidera à comprendre ce qu'il pensait et ce qu'il croyait.


"Si j'étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n'est pas le leur.
Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ?
David Ben-Gourion (le 1er Premier Ministre israélien) : Cité par Nahum Goldmann dans "le Paradoxe Juif", page 121




"Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n'est pas dénué d'idéalisme et d'auto-saCRIFice."
David Ben-Gourion : Cité page 91 du Triangle Fatidique de Chomsky qui est paru le livre de Simha Flapan "Le Sionisme et les Palestiniens" – page 141-2, citant un discours de 1938.





"Nous devons tout faire pour nous assurer qu'ils (les Palestiniens" ne reviendront jamais."
David Ben-Gourion, dans son journal, 18 Juillet 1948, cité dans le livre de Michael Bar Zohar : "Ben-Gourion : le Prophète Armé", Prentice-Hall, 1967, p. 157.



Ben Gourion prévenait également en 1948 : En assurant à ses copains Sionistes que les palestiniens ne reviendraient jamais dans leurs maisons : "Les vieux mourront et les jeunes oublieront."




"Nous devrions nous préparer à lancer l’offensive. Notre but est d’écraser le Liban, la Transjordanie (Jordanie) et la Syrie. Le point faible c’est le Liban, car le régime musulman y est artificiel et il nous sera facile de le miner.
Nous y établirons un Etat chrétien, puis nous écraserons la Légion Arabe, nous éliminerons la Transjordanie
(Jordanie); la Syrie tombera entre nos mains. Nous bombardons alors et avancerons pour prendre Port-Saïd, Alexandrie et le Sinaï." (50)
David Ben-Gourion, mai 1948, au Chef d'Etat-Major. De Ben-Gourion, une Biographie, par Michael Ben-Zohar, Delacorte, New York 1978.





"Si je savais qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les emmenant en Angleterre, et seulement la moitié en les transférant sur la terre d'Israël, je choisirais la dernière solution parce que, devant nous, il n'y a pas que le nombre de ces enfants mais la calcul historique du peuple d'Israël."
Ben-Gourion (Cité pages 855-56 du Shabtai Teveth de Ben-Gurion dans une version légèrement différente).




"Il ne s'agit pas de maintenir un statu-quo. Nous devons créer un Etat dynamique, orienté vers l'expansion." - Ben Gourion



"Chaque écolier sait qu'il n'y a pas de chose de ce genre dans l'histoire en tant qu'arrangement final : pas en ce qui concerne le régime, pas en ce qui concerne des frontières, et pas en ce qui concerne des accords internationaux."
Ben Gourion, Journal de guerre, 12/03/1947 suite à l'acceptation par Israël du Plan de partition des Nations-Unies du 29 novembre 1947 (Simha Flapan, "Naissance d'Israël," p.13)




"Nous marchions dehors, Ben-Gourion nous accompagnait. Allon a répété sa question : "Que doit-on faire avec la population palestinienne ?" Ben-Gourion a agité la main dans un geste qui disait : "Conduisez-les dehors!"
Yitzhak Rabin, version censurée des Mémoires de Rabin, publiée dans le New York Times, 23 octobre 1979.






Partition : "Après la formation d'une grande armée à la suite de l'établissement de l'Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons sur l'ensemble de la Palestine"
Ben Gourion, p.22 "La Naissance d'Israël, 1987" Simha Flapan.


"L'acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie . On ne demande pas à quelqu'un de renoncer à sa vision. Nous accepterons un état dans les frontières fixées aujourd'hui -- mais les frontières des aspirations Sionistes sont les affaires des Juifs et aucun facteur externe ne pourra les limiter."
p.53, " La Naissance d'Israël, 1987" Simha Flapan





En octobre 1936, au cours de la réunion de l'exécutif de l'Agence Juive, plaidant pour une politique du transfert, Ben-Gourion a dit : "Nous ne sommes pas un Etat et la Grande-Bretagne ne le fera pas pour nous..." bien que "il n'y ait rien de mal dans l'idée."
Il a continué :


"s'il était permis de déplacer un Arabe de Galilée vers la Judée, pourquoi est-il impossible de déplacer un Arabe d'Hebron vers la TransJordanie (Jordanie), qui est bien plus proche ? Il y a de vastes étendues de terres là -bas et nous sommes surpeuplés....Même la Haute Commission est d'accord sur un transfert vers la Transjordanie (Jordanie) si nous dotons les paysans de terre et d'argent. Si la Commission Peel et le gouvernement de Londres acceptent, nous enlèverons de l'agenda le problème de la terre."

Les Arabes, affirmait Ben-Gourion, ne deviendront pas sans terre en raison de l'acquisition Sioniste de la terre; ils seront transférés en Transjordanie (Jordanie
).

Le 29 octobre 1936, les 21 membres de l'exécutif de l'Agence Juive ont approuvé la proposition d'un transfert des fermiers Arabes déplacés vers laTransjordanie (Jordanie). Seuls deux des quatre membres Non-Sionistes ont choisi la dissidence.
Flapan, "Le Sionisme et les Palestiniens", citant les protocoles de la reunion de l'Exécutif, p. 261




Le 12 juillet 1937, Ben-Gourion écrit dans son journal :

"Le transfert forcé des Arabes des vallées de l'Etat Juif proposé pourrait nous donner quelque chose que nous n'avons jamais eue, même lorsque nous y étions nous-mêmes à l'époque du Premier et du Second Temple"
une Galilée affranchie de sa population Arabe

Ben-Gourion est allé jusqu'à écrire : “Nous devons nous préparer à le faire” le transfert (emphase dans l'original)


Le 27 Juillet 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

"Nous avons n'avons jamais voulu déposséder les Arabes [ mais ] parce que la Grande-Bretagne leur donne une partie du pays qui nous a été promis, il est juste que les Arabes de notre Etat soient transférés vers la partie Arabe"


Le 5 octobre 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

"Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place.... Et, si nous devons utiliser la force -non pas pour déposséder les Arabes du Negev et de la Transjordanie, mais pour garantir notre propre droit à nous installer dans ces lieux - puis nous avons la force à notre disposition."

"il est très possible que les Arabes des pays voisins viendront les aider contre nous. Mais notre force sera supérieure à la leur. Non seulement parce que nous serons mieux organisés et mieux équipés, mais parce que derrière nous, il y a une plus grande force encore, supérieure en quantité et en qualité... l'ensemble de la génération plus jeune des Juifs d'Europe et d'Amérique."
Ben-Gourion, Zichronot [Mémoires], Vol. 4, p.297-299, p. 330-331.
Voir également : Teveth, Ben-Gourion et les Palestiniens Arabes, p. 182-189




Ben-Gourion dans un discours au Comité Central de la Histadrut le 30 décembre 1947 :

Dans le secteur assigné à l'Etat Juif, il n'y a pas plus de 520.000 juifs et environ 350.000 Non-Juifs, en grande partie des Arabes. Avec les Juifs de Jérusalem, la population totale de l'Etat Juif à l'époque de son établissement sera d'environ un million, incluant presque 40% de Non-Juifs.
Une telle composition (de la population) ne fournit pas une base stable pour un Etat Juif. Ce fait (démographique) doit être vu dans toute sa clarté et avec finesse. Avec une telle composition de (population), il ne peut même pas y avoir de certitude absolue que le contrêle restera entre les mains de la majorité juive.... Il ne peut y avoir aucun Etat Juif stable et fort sans majorité juive d'au moins 60%.


Le 6 février 1948, pendant un Conseil du parti du Mapai, Ben-Gourion a répondu à une remarque d'un membre de l'assistance que : "Nous n'y avons aucune terre" (dans les collines et les montagnes à l'ouest de Jérusalem) en disant :

"La guerre nous donnera la terre. Les concepts de "nêtre" et de "pas à nous" sont des concepts de paix, seulement, et en temps de guerre, ils perdent leur signification entière "
(Ben-Gourion, Journal intime De Guerre, Vol. 1, date d'entrée le 6 février 1948. p.211)


En s'adressant le jour suivant au Conseil du Mapai, Ben-Gourion a déclaré :

"Depuis votre entrée dans Jérusalem, par Lifta, Romema... il n'y a aucun Arabe. 100% de Juifs. Depuis que Jérusalem a été détruit par les Romains, elle n'a jamais été aussi si Juive
. Dans beaucoup de quartiers Arabes de l'ouest, on ne voit pas un seul Arabe. Je ne suppose pas que cela changera... Ce qui s'est passé Ã Jérusalem... est susceptible de se produire dans beaucoup de régions du pays... dans les six, huit ou dix mois de la campagne, il y aura certainement de grands changements dans la composition de la population du pays."
(Ben-Gourion, Journal intime De Guerre, Vol. 1, date d'entrée le 7 Février 1948. p. 210-211)


Et deux mois plus tard, alors que Ben-Gourion parlait au Comité d'Actions Sionistes, le 6 avril, Ben-Gourion a déclaré :

"Nous ne pourrons pas gagner la guerre si, pendant la guerre, nous ne peuplons pas le pays de bas en haut, l'est et l'ouest de la Galilee, le Neguev et le secteur de Jérusalem....Je crois que la guerre apportera également dans son sillage un grand changement dans la répartition de la population Arabe."
[Ben-Gourion, Behilahem Yisrael, Tel Aviv, Mapai Press, 1952, pp. 86-87]




Ben-Gourion a écrit dans son journal intime le 12 juillet 1937 :

"Le transfert forcé des Arabes des vallées de l'Etat Juif prévu.... Nous devons coller à cette conclusion de la même manière que nous avons saisi la Déclaration de Balfour, encore plus que ça, de la même manière que nous avons saisi le Sionisme lui-même."
(Ben-Gourion, Zichronot [Mémoires], Vol. 4, p. 299)

 
 
 

Robespierre n'aura pas sa rue dans Paris

Alexis Corbière - Tribune | Dimanche 26 Juin 2011 à 12:01 | Lu 1442 fois
 
Alors que les communistes et le Parti de gauche demandaient que la mémoire du révolutionnaire soit honorée, le Conseil de Paris a voté contre la création d'une rue Robespierre. Pour Alexis Corbière, il faut continuer le combat.


 
Il n'y aura toujours pas de rue ou de place Robespierre à Paris. Affligeant. La presse s’en est largement fait l’écho (une dépêche AFP certes pleines d'erreurs factuelles sur les auteurs du voeu, une demi page du Parisien, etc..). Preuve que Maximilien Robespierre n'est pas un cadavre glacé et passionne encore les français. Mon voeu (voir à la fin de ce billet) présenté lundi soir au Conseil de Paris a été nettement battu. Quelle tristesse. Hormis les dix élus qui siègent à mes cotés, Groupe communiste et élus du Parti de Gauche, présidé par mon ami Ian Brossat, un seul socialiste, l'Adjoint au maire chargé de la culture Christophe Girard (PS), et deux élus Europe Ecologie - Les Verts, René Dutrey et Yves Contassot ont voté pour. Point final. Tous les autres ont voté contre, ou ont déserté la séance. J'avoue que j’en suis fort marri et un peu chiffonné.

Bon, cela ne m’étonne pas de la part de la droite, qui s'est exprimée en séance assez vulgairement par l'intermédiaire caricatural de Jérome Dubus, un conseiller de Paris Nouveau Centre et accessoirement délégué général du MEDEF Ile-de-France. Ce monsieur, pourtant bien élevé, a, de manière générale, peu d'estime pour les syndicats ouvriers, les partis de gauche, et bien sûr tout ce qui peut ressembler à du jacobinisme. Dans le patronat français on préfère sans doute l'Ancien régime. Bah, c'est entendu. La droite parisienne, composée d'ailleurs de quelques aristocrates, est opposée à ma demande. Je ne découvre rien. En vérité, cette famille politique là n’aime pas la réalité de l’histoire de la France (belle et rebelle, et qui « répond toujours du nom de Robespierre », n'est-ce pas Jean-Luc ?) et déteste viscéralement celui qui s’indignait par ses mots : « Peuple, on te trahit, reprends l’exercice de ta souveraineté ! ». La radicalité de la Révolution Française hante encore la droite française. Quoi ? Célébrer « l'incorruptible » ? Vous n'y pensez pas ! Quelle honte ! Quelle ringardise !
Il est bien plus moderne de pleurer sur le sort de la famille royale, de la noblesse et des vendéens et chouans qui, armes à la main, ont lutté contre la République. Aux yeux de ces gens là, mon voeu est une foutaise et Maximilien Robespierre un tyran et une brute assoiffée de sang. Triste époque. L'idéologie contre-révolutionnaire, regorgeant de mensonges, calomnies et affirmations révisionnistes a fait son oeuvre. Logique. Mais, je le confesse, des élus UMP et Nouveau Centre, je n'attendais rien, et leur opposition finalement me rassure. Depuis longtemps, les concernant, ma boussole est la suivante : plus ils crient fort, plus j'ai la conviction d'avoir raison !

Mais, le vote quasi unanime des élus socialistes contre mon voeu, me sidère encore. J'observe même que pas un seul de mes amis de « la gauche du PS, proche de Hamon et de Emmanuelli » comme on dit, n'ont eu l'énergie de voter mon vœu (et de rester en séance pour cela).
Décidément, les traditions se perdent. Les héritiers de « la première gauche » ne sont plus ce qu'ils étaient.

Pourquoi tant de haine et de mépris plus de 200 ans après la Révolution Française ? Pourquoi ce qui n’est qu’une banalité dans tant de villes françaises, dirigées par la gauche, est-il si difficile dans la capitale, dont il fut le député ?
Pourquoi flétrir ce grand anticolonialiste, qui obtint l'émancipation pour les juifs, pour les comédiens, ce visionnaire défenseur des libertés publiques, défavorable à la peine de mort (et oui !), ce progressiste pour un revenu minimum, un droit à l'existence, et j'en passe... ? Pourquoi celui qui pour la première fois, dans son discours de la mi-décembre 1790, sur l'Organisation des gardes nationales, a utilisé notre devise nationale « Liberté, Egalité, Fraternité »,  n’aurait pas le droit d’être honoré à Paris ? Ce n'est pas rien, mince ! Cette devise est désormais inscrite sur tous les bâtiments publics de notre pays. Elle est connue dans le monde entier, sonnant comme un symbole de notre Nation ! Et pourtant, on en moque l'auteur et on le salit. On travestit l'oeuvre de la Grande Révolution. Tout cela est bien la preuve que la flamme de cet immense évènement brûle encore. Les coeurs froids de certains, fussent-ils de gauche, veulent encore jeter des seaux d'eau sur ses braises, pour les éteindre définitivement. Ils n’y arriveront pas. Mais, je constate que depuis le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II) le discours anti-robespierriste n’a pas pris une ride. Il semble même avoir gagné en légitimité en s’imposant comme un signe de modernité.

C'est peu dire donc que je suis déçu. Car cette fois-ci, j’y ai cru. Quelques jours avant le Conseil de Paris, j'avais espéré que nous puissions emporter la décision. Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, femme intelligente à la solide conviction de gauche et laïque, m'avait fait comprendre qu'elle n'était pas totalement défavorable à cette nouvelle demande. Elle avait lu avec attention la tribune que nous avions publiée la semaine dernière dans
l'Humanité demandant au maire de Paris de donner le nom d’une rue à celui qui est le révolutionnaire français le plus connu. Mon ami, l’historien Jean-Numa Ducange et moi-même, étions à l’initiative de ce texte signé par les principaux historiens français. Ce gage de sérieux historique et scientifique n’a pourtant pas suffit.

Le président du groupe socialiste Jean-Pierre Caffet (également sénateur et désormais soutien actif de François Hollande) s’est radicalement opposé à mon voeu. Ce n’est pas la première fois, il l'a fait avec brutalité. Le style c'est l'homme, dit-on. Bertrand Delanoë, maire de Paris, lui, avec plus de délicatesse, a aussi clairement fait entendre qu'il était encore hostile à ma demande. Stupéfiant. Pourquoi ? Les arguments de Jean-Pierre Caffet en séance, sont assez indigents. Qu'on en juge. Lui, le président du groupe des élus socialistes, premier groupe de la gauche, majoritaire à Paris depuis 2001, est opposé en 2011 à cette demande car, tenez vous bien, Maximilien Robespierre serait le grand responsable de la Terreur (quelle méconnaissance de l'histoire de la Révolution. Ce sénateur socialiste a-t-il lu Jean Jaurès ?) et, argument sorti de chapeau, était aussi favorable au culte de l'être suprême ! Pouah ! Ridicule. Et ce serait donc au nom de la laïcité, on le sait régulièrement piétinée dans cette instance, qu'il ne faut ab-so-lu-ment pas de rue Robespierre à Paris. Et ben, celle-là, fallait la trouver ! Comme lui a répondu ma camarade du Parti de gauche
Danielle Simonnet, les socialistes n'ont pas eu la même pudeur, il y a quelques années, quand ils ont nommé une place Jean-Paul II à Paris. Et savent-ils, mes chers socialistes, que le décret sur l'Etre suprême, du 18 floréal an II, fixe en réalité un culte de la vertu en tant que valeur civique démocratique. Savents-ils que l'article XI de ce décret garantie la liberté de culte, ce qui est une idée d'une grande modernité en 1794, si difficile à mettre en oeuvre sous l'Ancien régime pendant des siècles. Je passe donc sur les arguments du président du groupe socialiste d'une rare faiblesse, fabriqués pour les gogos, qui se voulaient une réponse pertinente à la belle intervention liminaire de ma camarade Danielle. Je crois que Caffet en réalité ne savait pas quoi dire et s'est exprimé, sans plus de réflexions. Dommage. Robespierre mérite mieux, surtout de la part d'un responsable socialiste.

Par contre, les arguments avancés par Bertrand Delanoë, maire de Paris, m'intéressent davantage. Ils sont plus raffinés
. Des journalistes m'ont raconté qu'il avait répondu, lors d'une rencontre avec la presse, à mon encontre, qu'il ne voulait pas d'une rue Robespierre à Paris car ce dernier était à l'initiative de « la loi des suspects » et, selon ses propos rapportés dans Le Parisien « Robespierre estimait qu'être simplement suspect suffisait a être condamné ». La réalité historique est différente et plus complexe. Non, ce n'est pas Robespierre qui est à l'initiative de « la loi des suspects » du 17 septembre 1793, mais Jean-Jacques Régis de Cambacérès, qui lui (le maire le sait-il ?) a droit à une rue dans le 8e arrondissement de Paris. Mais, il faut dire que Cambacérès a participé aussi au coup d'Etat de Thermidor, a fait exécuté « l'incorruptible » et a rallié par la suite Napoléon Bonaparte (qui lui, rétabli l'esclavage !) devenant deuxième consul puis archichancelier de l’Empire. Faut-il donc trahir la Révolution pour avoir le nom d'une rue à Paris ? Monsieur le maire, votre argumentation ne me convient donc pas. C’est peu de la dire. Mais, ce débat n’est pas terminé, croyez-moi. Invité sur France Inter ce matin-même, Bertrand Delanoë, a encore été interpellé à ce sujet par un auditeur. Une nuit étant passée, sa réponse fut moins catégorique. Il dit à présent être favorable à une commission historique pour débattre de ce sujet. Chiche ! Cela m'intéresse. Je vais donc continuer cette discussion avec lui. Je vous en tiendrai informé.

Je continue donc ma quête. Ce n'est pas l'urgence de la période, mais c’est une juste cause et un débat politique et historique passionnant. Il est lourd de toutes les grandes controverses de la gauche française. Il éclaire le présent. Nous devons bien cela à celui que George Sand et Jules Romains considéraient comme « le plus grand homme de la Révolution », à celui qui, comme le disait André Malraux « fut guillotiné par des coquins ». Qui en 2011, parmi les intellectuels en vue aurait le courage de (re)dire cela ? La droite qui se dit gaulliste devrait s’inspirer de ces derniers mots, venant d’un écrivain engagé qui a fait sa grandeur. Mais, je l’ai déjà dit : de Gaulle avait Malraux, Sarkozy a Luc ferry et Eric Zemmour… Passons.

Il faudra bien un jour obtenir réparation de cet oubli. Avec plusieurs historiens, nous continuons. J’ai déjà de nouvelles idées. Jean-Paul Marat, St Just et bien d’autres, n’ont pas de rues à leurs noms à Paris. On va en reparler. Ceux qui veulent effacer Robespierre devront tenir compte de mon obstination et celles de mes amis (Danielle Simonnet, Ian Brossat, etc…), jeunes élus qui n’oublient pas le passé. Nous arriverons à notre fin. Le débat continue, vous dis-je… Nous sommes patient. Il dure depuis 200 ans.

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Publié dans Coup de gueule

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