CHATEL ET PECRESSE DETRUISENT LE PREMIER SERVICE PUBLIC DE FRANCE: LA LANGUE FRANCAISE
| Pour être encore en haut de l'affiche JEAN FERRAT La langue française a fait son temps Paraît qu'on n'arrête pas l'progrès Que pour être vedette à présent Il vaut mieux chanter en anglais Et moi et moi pauvre de moi Qui me tais depuis si longtemps Faudrait qu'je fasse gaffe à tout ça Que je m'reconvertisse à temps J'ai pris la méthode assimil My tailor in the pocket Pour avoir l'air comme les débiles D'arriver du Massachusetts Pour être encore en haut d'l'affiche Faudrait qu'je sussure en angliche Si j'veux coller à mon époque Il me faut braire en amerloque Singing in the rain Singing in the train Singing my heart Singing in the woods Singing in the blood It is not the tarte S'il n'y a plus rien d'autre à faire Pour échapper à la misère Si c'est l'seul moyen ici-bas D'intéresser les mass média Si le français ou le breton Si l'occitan ou l'auvergnat Comme on m'le dit sur tous les tons Le show-business il aime pas ça Y a p't-êtr' quand même un avantage A cette évolution sans frein On pourra chanter sans entrave Quand les gens n'y comprendront rien Pour être encore en haut d'l'affiche J'pourrai sussurer en angliche Si je n'veux pas finir en loque Je pourrai braire en amerloque Singing in the rain Singing in the train Singing my heart Singing in the woods Singing in the blood It is not the tarte J'entends les copains ricaner Que j'ai plutôt l'accent manouche Ils sont jaloux d'mon p'tit succès Quand j'ai d'la bouillie plein la bouche Grâce aux sondages indiscutables Dans l'âme du français moyen Il paraît que nos responsables Savent tout du goût de chacun Plaire à tout l'monde et à personne C'est pas donné à n'importe qui N'allez pas croire qu'ils s'en tamponnent S'ils nous transforment en colonie Pour être encore en haut d'l’affiche J'commence à penser en angliche Quand j'aurai le feeling ad hoc Ça va faire mal en amerloque Singing in the rain Singing in the train Singing my heart Singing in the woods Singing in the blood It is not the tarte |
CHATEL ET PECRESSE DETRUISENT LE PREMIER SERVICE PUBLIC DE FRANCE: LA LANGUE FRANCAISE
Sur ce terrain aussi, les enseignants refusent de collaborer à la casse !
Démanteler l'Éducation nationale, le CNRS et l'Université française pour les aligner sur le sinistre "modèle" anglo-saxon ne suffit plus à L. Chatel et à V. Pécresse. Dans leur entreprise de rabotage de "l'exception française" issue des Lumières, de 1789, des lois laïques de 1905 et des avancées du C.N.R., le gouvernement s'attaque directement à la langue française, "langue de la République" au titre de l'article 2 de la Constitution, socle de la Francophonie internationale, patrimoine culturel mondial de l'humanité et rempart de la diversité culturelle en Europe face au "tout-anglais" porté par l'Union européenne.
En effet,
-en violation de la loi de 1994 qui stipule que "le français est la langue de l\'enseignement", un nombre croissant d'universités et de centres de recherche enseignent en anglais et contraignent les doctorants à présenter leur thèse en globish. A la poubelle l'acte civique majeur posé par Descartes quand il publia le Discours de la méthode en français pour être compris de tout(e) Français(e) sachant lire ! Et le gouvernement Fillon, qui avait déjà pris appui sur ce personnage pour imposer la loi du même nom (socle commun, etc.), applaudit en silence quand le sinistre Richard Descoings, directeur de Sciences po et médaille d'or de l'esprit néo-colonial sur notre sol, impose l'anglais comme LANGUE UNIQUE de l'enseignement dans les nouvelles antennes de son École financée par les contribuables (comme à Reims).
-voici maintenant que Chatel décide, sans aucun débat démocratique, de faire de l'anglais la seconde,-puis la première, n'en doutons pas-, langue maternelle de la France en imposant l'anglais dès la maternelle ! Mais imposer le bain linguistique anglais aux tout-petits (dès 3 ans), à un âge où le français et ses structures ne sont pas consolidées, c'est infliger aux enfants un énorme brouillage linguistique qui sapera en profondeur notre langue, la relèguera rapidement au rang de "patois domestique", sans pour autant poser les bases d'une acquisition rationnelle des langues étrangères : chacun sait qu'en réalité, il faut d'abord maîtriser sa langue maternelle nationale pour ensuite pouvoir apprendre d'autres idiomes de manière tant soit peu riche et méthodique. Bref ce type de décision despotique vise à promouvoir, non pas le plurilinguisme, mais le monolinguisme "franglish", puis l'arasement en deux générations de la langue de Diderot et de Victor Hugo !
Ainsi Chatel veut-il passer officiellement, en violation de la Constitution, et sans le moindre débat national de politique linguistique, au bilinguisme franco-anglais, puis au monolinguisme franglish puis à la relégation définitive du français que tant d'écrivains de par le monde, sans compter le peuple québecois et plusieurs peuples africains, s'efforcent de faire vivre avec talent face au totalitarisme de la langue et de la pensée uniques porté par la mondialisation états-unienne... Sans doute notre langue, porteuse d'une longue tradition populaire frondeuse, est-elle gênante pour la mise en place de ce nouvel Empire planétaire... (pour les nouveaux maîtres, les mots "management", "marketing", "trader", résonnent sans doute plus agréablement que les mots français malsonnants "désobéisseurs" et "dégage !", que les Tunisiens et les Egyptiens jettent à la face de leurs tyrans respectifs ! ).
C'est pourquoi les enseignants qui résistent à la casse de l'Education nationale républicaine, doivent refuser de collaborer à cette POLITIQUE LINGUISTIQUE TOTALITAIRE qui, dans tous les pays de l'UE, vise à casser les langues nationales (allemand, italien, espagnol, et même dans un certain sens, la langue de Shakespeare! ) au profit du tout-globish. Refusons de conditionner les enfants de trois ans sur l'ordre de "Business-Europe" (le syndicat des multinationales européennes alors présidé par le Baron Seillière), qui a décidé en 2003 de faire de l' "anglais la langue de l'entreprise et des affaires", c'est-à-dire en clair, d'éliminer toute autre langue que l'anglais de la sphère du travail et des échanges. Les enseignants républicains sauront, sur ce terrain-là aussi, RÉSISTER et non "accompagner" docilement la déferlante : il y va de la diversité culturelle mondiale, -non moins précieuse que la bio-diversité-, du refus de la pensée unique, de la défense des fondations républicaines de la Nation (sans sa langue, la France ressemblerait au fameux "couteau sans lame dont on a jeté le manche"), de la lutte contre les discriminations socio-culturelles: n'est-il pas scandaleux déjà que certaines entreprises du CAC 40 imposent l'anglais comme langue de travail unique à leurs employés en France même et que d'autres recrutent des cadres "english mother tongue only" (de langue maternelle anglaise), ce qui constitue une préférence nationale à l'envers?
Bien entendu, les auteurs de ce tract n'ont rien contre l'anglais en tant que tel. Il ne s'agit pas non plus de "purisme", quand toutes les enseignes de supermarchés, quand les pubs, etc. REMPLACENT SYSTÉMATIQUEMENT des mots français existants par des mots de globish (y compris la SNCF, la Poste, "France" Telecom, etc.). Une telle POLITIQUE de SUBSTITUTION ET d'ARRACHAGE LINGUISTIQUE dans tous les domaines (commerce, technologie, science, chanson, cinéma...) n'a rien à voir avec un "enrichissement" quelconque du français et des autres langues (la chanson en allemand, en italien, etc. tend à disparaître ! ). Quand tous les peuples baragouineront le globish plus leur propre langue abâtardie, alors que l'Angleterre et les USA autorisent leurs bacheliers à n'apprendre AUCUNE langue étrangère à aucun moment, la diversité culturelle mondiale, socle de la culture, disparaîtra et sous couvert d'universalité de l'anglais, UNE langue, UNE civilisation, UN pays écraseront tous les autres... avec la complicité néo-coloniale de toutes les "élites" locales !
Précisons enfin que les auteurs de cet appel n'ont rien, contre l'enseignement des langues régionales de France, ni contre l'enseignement dans nos écoles des langues de l'immigration, bien au contraire. En défendant le bien commun de tous les francophones, en sauvant ce premier service public GRATUIT de France qu'est la langue française, nous défendons l'égalité entre tous les peuple, entre tous les individus, et nous portons haut l'idéal qu'expriment en condensé trois des plus beaux mots de notre langue: LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ !
"Dégageons" ensemble les projets scélérats de L. Chatel et de V. Pécresse, violateurs de la loi et de la Constitution !
Exigeons que les médias et les hommes politiques de tous bords cessent d'étouffer le débat sur la politique linguistique de la nation !
NE NOUS LAISSONS PAS ARRACHER LA LANGUE, POUR ELLE, PAR ELLE, PRENONS LA PAROLE !