Carrefour condamné pour son Smic light
Après avoir semé les uns et les autres la misère.... campagne électorale oblige, il vont nous apparaitre en chaine (dans les deux sens du terme) bien dodus et bien repus sur nos petits écrans, nous rappeler que ce n’est pas acceptable (ça on le savait déjà) et qu’il vont s’appliquer de tout leur poids pour y remédier.... Après quoi nous auront le pour nous attendrir quelques reportages avec images de leur vie douillette en famille et de leurs vacances dorées...... S’il y en a que ça console? Excusez moi d’être mauvaise joueuse mais moi ça me REVOLTE!!!!!!!
Carrefour condamné pour son Smic light
Neuf euros brut de l’heure. En France, théoriquement, un salarié ne peut être rémunéré en deçà de ce salaire minium interprofessionnel de croissance, plus connu sous son acronyme, le SMIC. Et c’est déjà trop pour certains employeurs qui n’hésitent pas faire usage de toutes les martingales possible pour réduire la valeur du travail.
Carrefour s’est ainsi fait taper sur les doigts par la plus haute juridiction pour avoir inclus les temps de pause dans le calcul. Saisie par la CGT et la CFDT, la Cour de cassation du Rhône a fait droit, mardi 15 février, aux demandes des deux syndicats au terme d’une procédure initiée en 2004; 429 salariés de deux magasins du département, à Givors et Ecully, pourront ainsi faire valoir leur droit à un rappel de salaires, qui flirte avec le millier d’euros. Après quoi l’employeur les poussera à la faute professionnel (c’est très facile et très en usage) et les virera pour faute grave ou lourde et ne leur devra surtout dans le 2ème cas pas un copeck d'indemnité......
De fait, ce sont des dizaines d'autres actions intentées aux prud'hommes et devant les tribunaux qui vont être impactées. «Cet arrêt donne le "la" à tous les contentieux en cours», s'est félicité Me François Dumoulin, l’avocat de la CGT, auprès de l'AFP. Rien que pour Carrefour, 30 000 employés pourraient à leur tour bénéficier de cette jurisprudence. Mais Carrefour n'est que la partie émergée de la généralisation d’un salariat précarisé, et dont Marianne fait sa une cette semaine.
Temps partiels imposés ou petits boulots, ces postes de faible qualité mal rémunérés sont devenus le gagne pain quotidien pour des millions de salariés, 6,25 millions précisément. En 2008, comme le note une récente étude de l’Insee, un quart des 25 millions de salariés boulonnent pour un salaire au lance-pierre, moins de 750 euros net, loin du Smic d’alors 1025 euros net pour un travail à temps complet de 151,67 heures. Pire, lorsque l’on regarde le montant moyen qui figure au bas des fiches de paie de ces 6 millions de travailleurs, les 750 euros apparaissent comme du luxe. En moyenne, en 2008, ce lumpenprolétariat touchait 310 € net par mois, même pas le RSA. Et ce n’est que grâce aux transferts sociaux (assurance chômage, RSA, …) que la marmite peut bouillir.
Assistent-on à une prise de conscience des limites du système d’optimisation qui a prospéré, assurant de confortables dividendes pour les actionnaires et de super bonus pour les managers ? Dans les deux cas, c'est la justice qui s’est emparée de ces sujets. Elle qui a fait sauter les outrancières indemnités et retraites chapeaux de Daniel Bernard, l’ancien PDG de Carrefour justement ; c’est elle, encore, qui a récemment condamné Jean-Marie Messier à trois ans de prison avec sursis pour sa gestion du groupe, alors que le parquet réclamait une relaxe, privant au passage J6M de toutes activités bancaires ou d’administrateur, la peine la plus dure pour lui ; elle, enfin, qui vient de mettre fin à cette minable martingale de Carrefour.
En attendant, le Cac40 affiche cette année encore le plein de bénéfice, avec mention spéciale pour les banques, tandis que les grands patrons français carburent à près de 1 million d’euros, comme si la crise était derrière eux, un mauvais souvenir. Pour eux peut-être. Pas pour les 150 000 chômeurs officiels supplémentaires en 2010. Ni pour les contribuables. Si aucune réforme fiscale d’envergure ne s’impose, ils verront la facture de la crise financière grever pour longtemps leur pouvoir d’achat. Les quelques euros grappillés par les salariés de Carrefour, et les autres, n’y suffiront pas…
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