Pendant le shopping de Noël, les ouvriers chinois continuent à trimer

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Petit Papa Noël par pitié s’il te plait laisse les étoiles dans le ciel......... ne
 
 transforme pas ta robe rouge en drapeau chinois cinglant la nuit de toutes les
 
 promesses..........
 
  

Pendant le shopping de Noël, les ouvriers chinois continuent à trimer

Régis Soubrouillard - Marianne | Mercredi 15 Décembre 2010 à 12:01 | Lu 2662 fois
 
A quelques jours de Noël, l'association Peuples Solidaires, relayant des enquêtes d'une ONG chinoise sur les conditions de travail des ouvriers de l'industrie du jouet en Chine, a lancé une pétition réclamant à la Fédération internationale des industries du jouet, la mise en place d'un salaire vital.


Pendant le shopping de Noël, les ouvriers chinois continuent à trimer
 
Noël approche. La neige tombe à gros flocons –original en hiver…- , les vitrines des magasins abondent de néons et les porte-conteneurs déversent leurs milliers de tonnes de jouets « Made in China ». La course aux cadeaux bat son plein. Complice aveugle de la fable de Papa Noël descendant du ciel avec ses jouets « Made in china » par milliers, le consommateur occidental adhère au roman de Noël qui sert « à rationaliser l’achat ». Chaque année le miracle se répète.

Et comme chaque année, la
SACOM, une ONG chinoise basée à HONG-KONG qui lutte contre le mauvais comportement des employeurs chinois rend son rapport sur l’industrie du jouet. 80% des jouets vendus dans le monde sont produits en Chine. Quatre millions de personnes travaillent dans l’industrie du jouet pour un salaire journalier moyen de 4 euros, à raison de 12 heures de travail par jour, sans compter les heures supplémentaires obligatoires.

Dans cette industrie, où travaillent majoritairement des femmes migrantes (mingongs) âgées de 15 à 30 ans, jugées plus dociles et aussi plus agiles, «les journées de travail durent au moins douze heures et le quota légal d'heures supplémentaires est largement dépassé. Les salariés travaillent 6 jours par semaine, le sixième jour n’étant pas compté dans les heures supplémentaires. Les règles de sécurité ne sont pas respectées et les accidents du travail se multiplient.  Ils sont  souvent payés avec un mois de retard, ce qui les dissuade de démissionner»,
a expliqué Debby Chan, chef de projet à Sacom, lors d’une conférence à Paris.

Des salariés contraints de payer l'électricité de leurs dortoirs
Pendant le shopping de Noël, les ouvriers chinois continuent à trimer
Entre mai et octobre, l’association a mené des enquêtes dans le sud du pays chez deux sous-traitants de Disney et du géant de la distribution Wal-Mart, Sunny-Toys à Shenzhen et Crown-Ace Toys à Dongguan, deux des plus importantes zones économiques spéciales du pays.
Les techniques de management sont jugées comme « très dures » : interdiction aux salariés de se parler pendant le travail ou d’aller aux toilettes sans l’autorisation d’un chef. La plupart des salariés dorment dans des dortoirs payants attenant aux usines : « il n’y a pas de matelas, pas de climatisation, dans les chambres, pas d’eau chaude. Parfois ils payent aussi l’électricité » commente Debbie Chan 

Si les syndicats sont inexistants, comme dans l’électronique, notamment l’exemple de Foxconn, le secteur affronte des grèves à répétition. 
   
Comme dans beaucoup d’autres secteurs, la Chine manque de main d’œuvre, d’où la nécessité pour l’industrie du jouet de réformer ses pratiques. A la marge.  Sacom a ainsi pu constater certaines améliorations : au bout de la troisième enquête, les ouvriers d’une usine pointée du doigt par Sacom ont reçu..une fiche de paye. Certaines usines ont accordé des augmentations de salaires. Mais,  «structurellement, le secteur n’évolue pas » avoue Debbie Chan. Témoignage corroboré par l'émission
Complément d'Enquête sur France 2. On pouvait y voir Victor Sum, PDG de Yudo Toys, une usine chinoise de jouets, travaillant notamment pour Auchan, lâcher tel un lapsus: « Les ouvriers savent désormais quelle usine paye le mieux mais aussi quelle usine demande un travail pénible. C'est désormais compliqué de trouver des travailleurs. Il faut maintenant mieux les traiter si on veut qu'ils restent ». Et de se reprendre: « Enfin, c'est pas qu'on les traite mieux qu'avant mais on les écoute... ». Cela fait des années que l’association demande, sans succès, un salaire vital.

Du côté des sociétés « mères », Dysney, et Wal-Mart, qui remplissent de jouets les paquets cadeaux de nos chères têtes blondes, pas un mot. 
Relayant les enquêtes de l’ONG Sacom, l’association
Peuples solidaires
a lancé une vaste campagne de sensibilisation des opinions occidentales intitulée : « c’est pas du jeu ».
Incitant les clients à acheter « éthique », l’association «encourage les consommateurs à continuer d’acheter des jouets et les entreprises de continuer à les produire». Le pire étant que les ouvriers chinois perdent des emplois dont les organisations dénoncent la dureté. Maintenir un pôle de production en Asie et un pôle de consommation en Occident, c’est l’une des nombreuses utopies que cultive l’occident naïf convaincu de s’adresser à des marchés émergents alors qu’il s'affronte à des puissances.
 
 
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Publié dans Hors de France

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