Oyez braves gens, Carla Bruni passe à droite...
Oyez braves gens, Carla Bruni passe à droite...
«J’ai changé ». Chaque mois ou presque, Nicolas Sarkozy nous fait le coup de l’homme qui, sous le poids des responsabilités, a « changé ». Le plus beau de ses revirements étant, rappelons-le, celui annoncé en « une » de L’Express en juin 2009 sur le thème : Sarkozy a fait « sa révolution culturelle », il a ouvert un livre ! Mais ces revirements à répétition auxquels plus personne ne croit, ne doivent pas en masquer un que nous révèle Le Parisien, ce lundi, dans ses colonnes : Carla Bruni, elle aussi, a… changé !
« Elle a évolué », écrivent les deux journalistes qui ont eu l’incroyable « privilège » de recueillir les confidences de la première dame. Et quelles confidences : « J’ai fait partie d’une communauté d’artistes. On était bobo, on était de gauche mais, à ce moment-là, je votais en Italie. Je n’ai jamais voté pour la gauche en France, et je vais vous dire, ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre. Je me sens plus vraiment de gauche. »
Mais qu’est-ce qui a bien pu faire changer d’idées celle qui se disait encore il y a deux ans et demi « épidermiquement de gauche » ? Qui peut bien être responsable de ce « gommage » idéologique ? Serait-ce l’absence désespérante de projet de la part du Parti socialiste qui lui a fait virer sa cuti ? Ou seraient-ce plutôt les attaques incessantes et (forcément) injustifiées des responsables de gauche à l’encontre de « son mari de Président » ? Rien de tout ça. Sa migration sur l’échiquier politique, Carla Bruni la doit à une raison bien plus profonde. Une migration qui s'est effectué au prix d’un long, très long, très très long même, cheminement intellectuel : « Il y a eu certains faits, certains commentaires, explique-t-elle, notamment à la suite de l’affaire Polanski-Mitterrand. J’ai entendu des responsables socialistes dire la même chose que ceux du Front national. Ça m’a vraiment choquée. »
En voilà une bonne raison : les socialos-ces-salauds auraient osé s’attaquer à ses amis du beau monde de la culture. Une nouvelle réaction… épidermique, en somme, pour l'épouse du chef de l'Etat. Mais Carla Bruni-Sarkozy oublie que, dans les rangs de la majorité, ils sont aussi quelques-uns à avoir été, à l'époque, gênés aux entournures par la double polémique Roman Polanski – Frédéric Mitterrand. Elle oublie aussi qu’il n’y a presque que Benoît Hamon, à gauche, pour s’être alors indigné des propos du ministre de la Culture dans son livre La Mauvaise vie. Ou peut-être fait-elle mine d'avoir oublié tout ça ?
Quoi qu'il en soit, on peut être rassuré d’entendre la même Carla Bruni expliquer au Parisien que « la politique ne sera jamais [son] métier » parce qu’elle ne se sent ni les « os » ni les « dents » pour affronter cet univers « parfois violent ». A l'évidence, elle n'a pas non plus l'épiderme assez dur...
Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte